• Chilean rhythm

Chilean rhythm

(french version is below the english version)
The sailing vessel disappears on the horizon and I go back to my favourite occupation; surfing. I talk to myself, if waves are as beautiful as the nature and as friendly as Chileans, then there is some good times coming soon. And I will be right.

I choose not to tell where those little paradise are, because there is nothing like finding them by yourself, letting time create the synergy of the elements is the jewel of your travels.

Here I am with Vincent, finally together after my sailing experience. We soon reach a non-surfed piece of coastline with the intention of finding some breaks. Rocks are all over the place and one conclusion after a few days walking and camping on the beach; nada. Well, nearly nothing. This coastline, deserted for a more attractive lifestyle in town, is still inhabited by a few fishermen and farmers. These families live the way people used to live one day in our backcountries. “You are the first foreigners to sit at this table”, are the words I remember from Maria while we were sharing dinner made of fresh food from her farm.

A little lack of swell, forecasted by Windguru, tells us it’s the right timing for a rock-climbing excursion in a valley of gigantic granite walls, which climbers compare to the Yosemite Valley. Between the mountains runs the freshest and clearest water and all around is rain forest. A taste of paradise, except for the rain. It’s like beginning surfing at Pipeline. It makes dreaming but it’s undo-able. Luckily there are a few easy routes where we can practice. We celebrate Christmas in the tent, sipping with delectation some red wine we carried all the way up.

Neither Vincent or I can wait any longer to ride some of Chile’s famous left-handers. Finding the right place which will feed us with surfing, nature, sun and peace isn’t an easy job. When we are aware and in love, it seems that things work themselves out pretty well, as if something is looking after us. After some phone calls to Chilean friends and clever research, we find the place. Labyrinth of transfers to the salt of the Ocean. Boards are on the side of the dirt road, dust from the bus slowly drops on the floor, and the left-hander peels, as in our dreams. A smile draws simultaneously on our faces as we enjoy this perfect moment. This perfection of the moment is what we are continuously searching for, because it nourishes our lives.

Currently we are being rocked by the rhythm of swell and sun. Each day is about increasing our surfing and filming. The video camera is a great and fun tool. Our tent has got a standing overview on the spot and we have our little addresses for the after-surf big hungers. People offer us all the brotherhood and the simplicity life gave them. We hitchhike to go surfing other left-handers, a little handful of different and very good waves. And when night comes, we quickly fall asleep.

 

Version française:

Le voilier se dirige vers l’horizon et je retourne à mon occupation favorite, surfer. Je me dis que si les vagues sont aussi belles que la nature et aussi accueillantes que les chiliens, il y a du bon temps en perspective. La suite me donnera raison.

Volontairement, je resterai floue quand à la localisation de ces endroits précieux, car rien n’est plus beau que de les trouver par soi-même en prenant le temps de créer cette symbiose des éléments, si propice au voyage.

Me voilà donc avec Vincent, enfin retrouvé après cette parenthèse océane. Sans tarder, nous joignons un coin de côte mal renseigné à la recherche de vagues. Beaucoup de cailloux mal ordonnés et une conclusion, malgré plusieurs jours de marche, planche sous le bras et camping sur la plage, nada. Enfin pas tout à fait. Cette côte, délaissée par l’activité citadine plus attrayante, est clairsemée de maison de pêcheurs et d’agriculteurs. Ces familles vivent hors de la réalité hyperactive et superficielle, comme certainement un jour toutes les campagnes ont vécu. « Vous êtes les premiers étrangers à vous asseoir à cette table», sont les mots de Maria qui m’ont marquée alors que nous partageons le dîner, préparé avec les produits de la ferme.

Un rare répit de houle, prédit par Windguru, nous indique que le timing est bon pour une petite escapade « escalade » dans une vallée surplombée de faces de granit monstrueuses, que les fanatiques d’escalade placent en seconde place après celles du Yosémite, et entre lesquelles coure une rivière à l’eau potable translucide et règne de toutes parts une forêt humide. Une impression de paradis. Sauf la pluie. C’est un peu comme débuter en surf et aller directement se mettre au pic à Pipeline. Ça fait rêver mais c’est inaccessible. Heureusement quelques voies sont plus aisées et nous permettent de progresser à notre niveau. Nous passons Noël sous la tente, sirotant avec allégresse la précieuse bouteille de vin qui a fait le chemin jusque là.

Ni l’un ni l’autre ne pouvons plus attendre de goûter les gauches mythiques du Chili. Trouver le bon endroit qui rassasiera notre soif de surf, de nature, de soleil et de tranquillité n’est pas chose aisée. Quand on est amoureux et attentif, il semble qu’une bonne étoile est toujours là pour nous guider. Après quelques coups de fil aux amis chiliens, quelques recherches approfondies, bonne pioche. Labyrinthe de transferts jusqu’au sel de la mer. Les planches sont posées sur le bord du chemin, la poussière du bus retombe doucement, et la gauche déroule, comme dans nos rêves. Un sourire en simultané sur nos visages, savourons la magie du moment présent. Celle après laquelle nous courons sans cesse, la magie qui nourrit, le sel de nos vies.

Alors nous nous laissons imprégner par le rythme des houles et le soleil imperturbable. Toute la journée est occupée à améliorer notre surf et nos prises de vue. La caméra est un outil passionnant. La tente est plantée avec une vue imprenable et nous avons nos petites adresses pour les grandes faims d’après surf. Humainement, les gens nous offrent toute la bonté et la simplicité dont la vie les a dotés. Nous tendons le pouce pour surfer les alentours, une petite poignée de gauches toutes différentes, rassasiantes. Et quand vient le soir, Morphée ne se fait pas prier pour nous accueillir en son royaume.