• Rock'n roll Chilean summer

Rock'n roll Chilean summer (French version below)

The sound of the waves breaking bellow our camp is rocking me into a deep sleep. My arms, my shoulders hurt from too much surfing. Days begin with an unmanquable morning time stretching.

The morning light shines through emerald water, lightening the sand as gold nuggets running in a riverbed. Sea lions are busy getting their breakfast and quite intimidating, then funny when they stare at me with their big wet eyes. Their agility in the water is impressive. They become accomplices of the kid I am, getting excited when a set of waves comes through, amping for the surf to be. Half a dozen of pelicans heads southward to get their feed. They fly their wide wings in a simultaneous move. Sometimes, one stops to fish, filling up its beck and giving it its famous shape.


When the thermic has not showed up the day before, a fog as a cotton curtain takes over the ocean as soon as the sun pops up from the horizon. The sky clears up from the south. The south wind comes from far away and sets up a clear blue sky for several days. It's a very good sign for us as it means offshore winds and sunshine.

Fishermen come back from their morning catch. Tiny purple crabs will take ages to be taken off from the net. On the beach, a pair of beefs is hooked to the skiff. As if it had always been, they pull it away from the waves. His raingear off and already smoke comes up in the sun; the seaman has finished his job.

Around here, we don't consider the ocean quite as a friend. Even though it feeds the family, it devastates people's hearts, from shipwrecks to tsunami, the tribute has already been too important. A few people can swim, a very few of them look at the ocean with an expert eye, free of fear. Surfing in those places brings that, a clever contemplation of the element, a quiet knowledge of the ocean, a great respect, an admiration of Pacific's visages.


Several times the earth shacked, remembering last year's earthquake. In towns, we are worried; it's so hard to get back confidence. Hardly owned comfort has never felt so uncomfortable. But over the pain, over the fear, people seam to enjoy little gifts of everyday's life.
Swells are pretty consistent in this summer season. We've surfed a nice wave nearly everyday. In three month trip, I haven't surfed a single right hander!!!

February is national holiday. Time to get some crowd on the spots. The random Chilean surfer has a pretty special idea of priority rules and good behaviours out there. I've often experimented Latin machismo. I did not like it. It's a pity to see that among anything, women are only women and men rather see them in the kitchen than in the water. But it's even more motivating to me to show what I'm able of and get respect out there, not because I've got stickers on my board, but because I take off deeper and make those "men" turn their head to look at me surfing.

 

Version Française:

Le bruit des vagues déferlant incessamment en bas de notre camp berce mon sommeil de plomb. Les bras douloureux, les épaules engourdies, les étirements matinaux sont une passe obligatoire pour se mettre dans l’eau, les journées de surf s’accumulent en laissant des traces.

La lumière du matin est celle des premiers rayons du soleil illuminant le sable en suspension dans l’eau émeraude, tels des pépites d’or animées dans le lit d’une rivière. Les loups de mer sont affairés à prendre leur petit déjeuner. Intimidant par leur regard appuyé par des yeux globuleux, ils démontrent une merveilleuse agilité dans l’eau. Ils deviennent complices de l’enfant que l’océan fait de moi, semblant ricaner lorsque la série se présente, excités par le surf qui les attend. Une demi douzaine de pélicans à l’irremplaçable allure descende au sud faire leur marché. Ils déplacent leurs grandes ailes dans un mouvement simultané. Parfois, l’un d’entre eux s’arrête pour pêcher, remplissant ainsi sa gorge et arborant son profil caractéristique.

Lorsque le vent thermique ne s’est pas levé la veille, une brume s’installe à peine le soleil levé sur l’océan, comme un voile de coton intimiste. L’éclaircie vient par le sud. Le vent du sud vient de loin, et installe un ciel bleu azur pour plusieurs jours. Il est notre meilleur ami car signifie off-shore et soleil.

Les pêcheurs reviennent de leur coup de filet matinal. Des petits crabes violets qu’ils prendront un temps fou à démêler des mailles de leur filet. Sur la plage, une paire de bœufs est attelée à la barque. D’un geste ancestral, comme imprimé dans leurs gênes, les animaux hissent l’embarcation à l’abri de l’asseau de vagues.  Son ciré tombe et déjà la fine fumée de sa cigarette s&ssquo;envole dans le soleil, l’homme de mer a rempli sa mission.

Par ici, on ne voit pas tout à fait l’océan comme un ami. Certes il nourrit la famille, mais il dévaste les cœurs, entre naufrages et tsunami, les locaux ont déjà payé un très lourd tribut. Rares sont les gens qui savent nager, rares sont ceux qui ont appris à regarder le Pacifique avec un œil avisé, détaché de la peur de la catastrophe.  Le surf en ces endroits a le mérite d’apporter cela, une contemplation réfléchie de l’élément, un respect dans l’apprentissage, mais un apprentissage tout de même, des humeurs du grand Pacifique.

A plusieurs reprises le sol a tremblé, ravivant la blessure de l’année passée. Dans les villages, on est inquiets, il est tellement difficile de reprendre confiance. Du confort en sursis, pourtant si difficilement acquis. Par delà la peine, on apprend à vivre au jour le jour, et à sourire aux petits plaisirs. Autant en profiter dès maintenant, puisqu’on ne sait pas de quoi sera fait demain.

Les houles s’enchaînent assez fréquemment pour une saison estivale. L’un des charmes du pacifique est la consistance. Ainsi, je crois bien que tous les jours nous avons une jolie vague à surfer. En trois mois de trip pourtant, je n’aurais pas pris une seule droite !!!

Le mois de février correspond aux vacances nationales. Le temps de goûter au monde à l’eau. Le chilien a une vision toute particulière des règles de priorité et de bienséance au pic. Ainsi, je me suis frottée au machisme latin si réputé ainsi qu’à un certain sens de la mauvaise fois qui je l’avoue, ne m’on pas du tout convaincu. Il est tellement déplorable de constater qu’avant toute chose, une femme n’est jamais qu’une femme et qu’elle n’a pas sa place à l’eau. Mais c’est deux fois plus motivant pour montrer de quoi je suis capable et gagner le respect, non pas parce que j’ai des autocollants sur ma planche, mais parce que je pars plus à l’intérieur que ces gros malins et qu’ils tournent la tête pour me regarder surfer.

Pictures © Trisha Johnson & Naomi James - Thanks a lot!