• Lea Brassy - Spring Ice Cream

SPRING ICE CREAM

(french version of this post available below / version Française de ce post plus bas)


Mid May, my boyfriend and me had the opportunity to jump onboard the sailing boat Vagabond as crewmembers toward Greenland, its magnificent fjords and ice fields and its enigmatic Farewell Cape. On our way back, we stopped in Iceland for a couple of sessions, not more; wave’s god was unfortunately not with us. We had, by the way, a pleasant bite of the special island.


Crossing the North Atlantic Ocean was not quite as easy as I had expected. Some respected Basque navigator told us before to leave that there is no "small departure" when it deals with the north. He was true. One low pressure after the other, head winds and large swells were our companions of watch. A few issues occurred with the engine, such as salt water in the diesel tank (and in the drinking water tank!), bringing some adventure along. Three weeks in total meeting only terns and petrels, cloudy sky and open water before we finally reached our waypoint. We started considering seriously the ice map around the Farewell Cape to work our way out and reach the Greenlandic coast. In the early morning we entered our first ice field with a lot of excitement, opening a new dynamic of contemplation and curiosity. Ice floes were more and more numerous so I had to climb at the top of the mast to look for the best way to escape the pack. Up there, the ice field was uniformly like breathing on the rhythm of the long period swell, its shinning water still. This moment lasts longer in my mind than any others of the journey, as if time had changed of scale. We escaped ice just before the night of the endless daylight. Arriving in Greenland sailing made our approach very special, as if that long waiting period had prepared us. Another week of navigation up the Greenlandic west coast brings us to the tiny capital. We met crazy icebergs and also icepack again and had to fight with it to make our way threw to the open water, making the physical meeting happen to the deliverance.


We fly over the polar cap to reach Reykjavik, in Iceland. There, we catch up with some friendly locals who also generously provide us a car from the Icelandic 4x4 car rental. A young fanatic surfer points the waves on the map, jumps in the car and we head south to Reykjanes peninsula. There is a decent swell coming threw but we will have to be quick, it won't last more than 36 hours. In a golden light of sunset, which will last for hours, the swell starts to pick up, up to 1,5 meter. It's 11pm and we can enjoy the surf the whole night, darkness will never happen. The right-hander is a real good point break, with power and length, and a great fasting inside. We are wearing the thickest wetsuit but it doesn't matter, we're alone and waves have a golden spray. Another endless moment. In the morning we pick up Laurent, our friend photographer from the airport. In a rush time, we make the best of the swell because there are no waves forecasted for the rest of the trip. Once it has gone, we go for a roady along the south coast, which takes us an endless night as we stop every five minutes to shoot a picture of the landscape, sunset lights keep going all night long until sunrise lights take over. Just a bite of Iceland, but a very juicy one. We promise we will be back soon, with more swell, with more snow... but very soon !!!

 


SORBETS DE PRINTEMPS


Mi mai, mon petit ami et moi avons eu l'opportunité de monter à bord du voilier Vagabond comme équipiers. A destination du Groenland, ses magnifiques fjords et son énigmatique Cap Farvel aux champs de glace immaculés. Sur le retour, un arrêt en Islande pour deux sessions, pas plus, car le dieux des vagues n'était pas avec nous. Nous avons tout de même eu un échantillon plaisant de cette île mystérieuse.


Traverser l'Atlantique Nord n'était pas aussi aisé que je l'avais envisagé. Quelque respectable navigateur basque nous avait dit l'air de rien avant de partir qu'il n'y a pas de "petit départ" vers le Nord. Il parlait juste. Une dépression après l'autre, vent de face et grosse houle étaient nos compagnons de quart. Quelques déconvenues avec le moteur, dont une grande quantité d'eau de mer dans les réservoirs de gazole (et dans celui d'eau douce!) apportant un peu de fil à retordre. Trois semaines en tout pendant lesquelles nous n'avons rencontré que pétrels et sternes, eaux libres et gris nuages, avant de rejoindre les coordonnées géographiques de notre point de repère. Nous avons alors considéré la carte de glace autour du Cap Farewell pour tracer notre route jusqu’à la côte. De bonne heure le matin, nous rencontrons nos premières glaces qui se font rapidement de plus en plus denses. Je rejoins alors le nid de pie en tête de mât pour observer l'horizon et nous délivrer des glaces.

Là-haut, la banquise écartelée semblait respirant au rythme de la houle longue, l'eau métallique demeurant inerte. Ce moment s'est étirée à ma conscience, comme si l'échelle du temps s'était brusquement modifiée. Nous sortons des glaces juste avant la nuit de cette clarté sans fin. Arriver au Groenland à la voile rend notre approche particulière, comme si cette longue traversée nous avait préparés à la rencontre. Encore une semaine de navigation le long de la côte ouest groenlandaise jusqu'à sa minuscule capitale. Nous avons rencontré nombre d'icebergs fantaisistes et des champs de glace à nouveau contre lesquels il a fallu se défendre pour rejoindre l'eau libre qui nous narguait à quelques centaines de mètres.


Nous survolons la calotte glacière pour rejoindre Reykjavik, en Islande. Là, nous rencontrons les locaux avec qui nous étions en contact et qui nous prêtent gracieusement une voiture d'Iceland 4x4 car rental. Un jeune surfeur surmotivé nous pointe les vagues sur la carte et monte dans notre véhicule en direction de la péninsule de Reykjanes. Il y a un bon swell qui rentre mais il nous faudra être réactifs car il passera très vite, en 36 heures environ. Dans la lumière dorée du coucher de soleil, qui persistera des heures durant, les lignes rentrent s'élevant jusqu'à 1m50. Il est 23 heures et nous pourrons surfer toute la nuit, celle-ci n'aura jamais lieu. Cette soirée marque le solstice d'été transformant ici le jour le plus long de l'année en jour continu. La droite déferle avec puissance et longueur sur une pointe rocheuse de qualité et ce jusqu'à l'accélération précieuse de son inside. Nous sommes vêtus des plus épaisses combinaisons qu’il soit mais ça n'a pas autant de valeur à mes yeux que de voir mon amoureux envoyer des sprays dorés sur l'horizon alors que je rejoins le pic, lequel est désert vous vous en doutiez. Moment de magie! Au matin, nous récupérons Laurent à l'aéroport, notre ami photographe est au courant qu'il faudra être rapide pour profiter du seul swell qui se profile à l'horizon de notre séjour. Sans attendre, nous profitons un maximum avant de rouler vers le sud, en direction  des glaciers. Des heures durant au volant à faire des sauts de puce car partout le paysage fait sa star, revêtant des lumières rougeoyantes qui ne demande qu'à être photographié. L'aube succède au crépuscule sans se compliquer d'une transition nocturne. Une simple bouchée d'Islande, mais dont la saveur a marqué nos papilles aux fréquentations improbables. Nous serons de retour, savoureuse Islande, sous tes jours houleux et enneigés, à très bientôt !!!