• An island in parentheses

An island in parentheses (version Française en dessous) We are five friends, looking for a retirement of civilization's big mess. Interested in quiet places and good waves to feed our surfing needing. This little island I'll talk you about, is a very different place. It's a volcanic rock of 27 km², where live 660 inhabitants. Getting money from fishing and tourism, they all take time to live a simple and easy life, far away from big city's places of interest. Most of tourists come over here to have a rest for a couple of days, mainly in summertime. It's also a little harbour where sailing boats take a break before crossing the Atlantic ocean. When you walk around, you feel that strong sensation growing in your chest: the desire of breaking connections with our world's contradictions, and live a sailing adventure. It's voluntary that I won't tell you the name if this little island. Curious people will appreciate to look for it and discover it will be even better. It's so good being in a place kept out from our endless needing of waves! Keep on reading and check all the pictures below by clicking on the "Continue Reading" link !

No road, only our feet to cross the island and look for waves. Every morning starts with a big breakfast, all together. Surfboard under the harm, water and food in the backpack, let's go for more than an hour's walk to get to the spot. Hard at the beginning because our body is tired, it would be easy to give up. But so many things bring us in good conditions to keep walking: beautiful morning's light, rhythmic and instrumental music in the ears, sensation of breathing best air ever, and an expected good surf. A large smile comes on everyone's face. Rhythm of the walk is something personal and It will be a single time to get to the bay. We are all happy to take time to go surfing by foot, watching nature and lights, appreciating silence of civilization. No humanity, it happens that we walk hours without meeting anyone. Sometimes, we also use a safari taxi to carry our heavy backpacks, and to discover farer beaches on the north coast. Quite surprising to see that there could also have good waves over there in these winter conditions. In this month of February, a low pressure system brings in all Europe a stormy weather. Even in this little island, water and air are particularly cold compared to previous years. Laurent, our friend friend photographer, told us about “world class” waves. This island is known for an unbelievable fast and hollow left hander breaking on a rocky bottom. We got affraying sessions, before Laurent's arrival, in dark blue water, with 2m50 as wide as tall! Obviously, we also got easier days that gave us a very good impression of this funny break. It's just a fast and hollow wall, that you can surf alone most of the time. Trouble comes from the wind, strong in this time of the year, and specially because the spot is facing west side. With big swell, south coast is offering two quality reef breaks. First in sheltered by a yellow cray volcano and breaking on a shallow bottom. If waves direction is good, it can be long, with a easy barrel. We did not get that luck, but we got there our best surf of the trip. The second break, in a long right hander, favorite's wave of locals surfers in wintertime. It offers an unbelievable view on mountains of the neighbor island. Clear water and sandy shore give a protective atmosphere. Our little team is a melting pot of five different people. I'll introduce you my friends: Laurent Masurel, our photographer, easy, optimistic and happy character, will always be ready for all sorts of aquatic or natural adventures. Pandora, our little sister, longboarder, as a great eye for photo and a good hand for drawing. Marianne, our stewart, happy and simple, appreciate life with a large smile that gives every morning a good atmosphere. And Amandine, WQS rider, is a motivation for us inside and outside the water thanks to her great generosity. All the island is organized around the harbour where you can find a couple of restaurants, two little supermarkets and a bakery. Life's scenes are specially beautiful in the end of the afternoon, when fishing boats come back and when pink sunlight is spread all over the mountains. It's time for a cold beer and a good book. You can have dinner, simple and cheap, watching mens playing cards. Latter, sky gets illuminated by billions of stars which you can see very well because there is not so much light around. On the way back home, we pass a sadly known beach where clandestine people from Africa try to get a place in Europe. It's so strange to imagine hell that these courageous people can live while we are comfortably sited in the ferry. I would just like to show them my respect. We are very lucky. Thanks Life. Léa Brassy February 2009. Idylle de vagues vierges et de ballades à pied, notre séjour insulaire s'annonce comme une retraite. Équipiers hétéroclites collectés au fil de l'eau salée, nous nous engageons dans une drôle d'aventure. Puisque la différence est une force, laissons le soin à la vie de nous rassembler dans un espace hors du temps et de l'agitation de la civilisation. Trois heures d'avion additionnées à quelques minutes de taxi et à une demi-heure de ferry, nous arrivons avec une agréable facilité sur un minuscule port où nous sommes vite repérées par notre hôte. Nous ne le savons pas encore mais nous allons faire attraction parmi les 660 insulaires circoncis à leur caillou de 27 km²! Un caillou, certes, mais pas n'importe lequel. L'île est formée de roche volcanique, dépourvue de route, et peuplée en deux petits villages sur sa côte protégée des vents d'ouest dominants. Isolée par seulement 17 km, elle n'en est pas moins un monde à part initialement investi par huit familles débarquées en 1870. Tous ses hommes et ses femmes au charmant sombreritos de paille posé sur la tête ont, de près ou de loin, des liens de sang. Le tourisme estival y est important. Ainsi, les constructions sont essentiellement des maisons secondaires et des appartements de location pour les touristes européens enquête de calme et de repos. En cette période hivernale, les vacanciers se faisant rares, les habitants vivent en vase clos et en profitent pour procéder aux divers travaux de bricolage, de peinture et de mécanique nécessaires. Au cœur du village, les deux uniques pontons accueillent également les marins avertis, en escale avant la traversée de l'océan Atlantique. En ballade, on se laisse aisément émouvoir par ces bicoques de bois, de composite ou de métal. Porteuses du rêve de tous les amoureux de la mer, un brin poètes et utopistes, celui de lâcher les voiles et les liens qui nous raccrochent aux contradictions du monde. Laisser libre court à ses sens, juste pour voir, pour sentir, toucher et goûter la mer, écouter ses murmures et ses colères. Habituée à un temps doux et ensoleillé, notre île n'est pas épargnée par la vague dépressionnaire qui déferle sur l'Europe en cette fin de mois de janvier. Trois petits sweats d'été, quelques robes et mes maillots de bain favoris ne font pas grande impression dans ma valise face au vent et aux averses épisodiques. J'aurais du écouter plus que mes envies de soleil et ajouter ma doudoune. A grand renfort de « a » et de « o » à la fin de nos mots pour espagnoliser notre français, nous parvenons à nous faire comprendre de nos hôtes simples et généreux qui prennent le temps de nous renseigner et de nous aider au besoin. Ici, point de stress et d'empressement. Rituel matinal pour commencer une bonne journée, le petit déjeuner se veut copieux et partagé. Chacun prépare son paquetage pour la marche. Affaires de surf, maillot de bain pour ne pas tuer l'espoir d'un rayon de soleil chaleureux, de l'eau, des fruits frais, des graines et des fruits secs pour la collation. Planche de surf sous le bras, chaussures de marche aux pieds, short et petite laine. Les premiers pas réveillent les douleurs, cuisses et hanches courbaturées, épines d'oursins encore sensibles, ampoules aux talons, genoux fragiles... On pourrait facilement décider de s'arrêter là et de se reposer. Peut-être est-ce la musique rythmée et planante qui résonne dans nos écouteurs, ou bien la grandeur du paysage qui nous donne l'impression de respirer tout l'air du monde en une seule inspiration. Peut-être est-ce les sourires magnifiques et contagieux qui se dessinent sur nos visages ? Ou encore le rayon de soleil qui perce le ciel tumultueux pour nous offrir une jolie lumière dorée. Et puis, c'est certainement la perspective d'une jolie session dans la baie à une heure de marche. Des vagues puissantes venant de loin qui, ici plus qu'ailleurs, heurtent violemment le rivage. Mélange de toutes ces sensations merveilleuses, le déclic se fait, l'entrain est là. Le rythme est plus soutenu, les yeux s'ouvrent plus grands, le corps se réchauffe. C'est parti, un coup d'œil aux coéquipiers permet de s'assurer que le plaisir est partagé. Alors nous regardons chacune en face de nous, ouvrant grands nos yeux à la nature. L'aventure devient plus solitaire, le chemin est improvisé à travers la lagune et les dunes. Au passage, creusée dans la roche volcanique, se découvre une extravagante cabane habillée de vieux filets de pêche et de drapeaux délavés. Un homme marginal coule des jours heureux dans une apparente pauvreté. Le bien-être tient à peu de choses. Nature déserte et désert humain, ces marches quotidiennes qui nous portent jusqu'aux vagues se transforment en parties de cache-cache avec le vent. Il est toujours là où nous ne l'attendons pas, tournoie autour des volcans pour s'engouffrer dans la baie. Enivrées, nous avons la blague facile et le rire immotivé. Pour des motifs futiles, notre sérieux vole en éclats et se transforme en fous-rires laissant planer dans l'air une irrémédiable bonne humeur. Lorsque nos pieds ne nous portent plus, que notre chargement se fait trop lourd et encombrant, nous louons les services des taxis tout terrain. Cela nous permet alors de découvrir des parties de l'île plus éloignées, notamment la côte exposée nord, où nous n'aurions pas cru trouver des vagues à surfer. Tout cela est de bon présage, le potentiel est bien là malgré les conditions ventées que nous expérimentons. La nature fait la loi, nous nous en arrangeons. L'île dont nous parlons mérite le mystère, ainsi nous taisons son nom pour donner au curieux l'envie de la découvrir et le plaisir de la deviner. Bien que ce jeu de piste ne soit pas compliqué, qui n'éprouve pas un sentiment d'aventure lorsqu'il arpente des terres discrètement conservées à l'abri du tumulte des affamés de la glisse que nous sommes? Laurent Masurel nous avait prévenu, les vagues seraient « world class ». Cela raisonne dans nos têtes comme l'assurance de moments de plaisir intense dans ces éphémères édifices aquatiques en mouvement permanent. En arrivant en premier, Marianne et moi, nous expérimentons la vague la plus connue, une des meilleures de l'archipel, une gauche puissante qui grossit davantage en largeur qu'en hauteur et ne laisse pas de répit à celui qui hésite à s'engager dans le take-off. Nous aurons par la suite, avec Amandine, une session effrayante, juste avant l'arrivée de Laurent, 2m50 aussi larges que hauts avec un courant qui fait de nous ce dont il a envie! Chacune une vague ou deux, de quoi se faire de bonnes sensations et se sentir toute petite au milieu de cette eau bleu foncé qui rappelle combien l'océan est mystérieux. Régulièrement, nous espérons voir à nouveau ce spot fonctionner mais le vent est toujours de la partie et d'autant plus fort que cette côte est exposée ouest. Avec ce système dépressionnaire qui ne nous quitte pas, nous optons le plus souvent pour la côte exposée sud . La houle, principalement nord-ouest, consistante en ce mois de janvier, atteint à plusieurs reprises les 6 mètres. Elle tourne autour de la pointe sud pour venir se réfugier dans une petite baie au pied d'une impressionnante montagne ocre. Là, une dalle rocheuse quelque peu jonchée d'oursins, permet à une gauche plus sympathique de dérouler en offrant dans ses bons jours, de jolis tubes. Avec une bonne orientation de houle, elle doit pouvoir être longue. Nous avons là une des meilleures sessions de surf. C'est dans une ambiance confinée que nous rencontrons pour la première fois les locaux. Un noyau dur de quatre ou cinq insulaires arpentent l'île de long en large pour profiter des plus belles vagues. Nous nous faisons petit à petit acceptées, certainement bien aidées par notre condition féminine! A quelques pas de là, une longue droite s'enroule sur une pointe protégée. Face aux montagnes de l'île voisine, c'est le spot le plus pratiqué en hiver. Bien que nous l'ayons vu petite, elle a un potentiel incroyable. Le mur est long, transparent, alternant des sections à manœuvres avec des sections plus creuses offrant des barrels. La vue est imprenable sur les volcans environnants et la lumière clair de l'hiver adoucit encore davantage le paysage. A l'heure du retour de pêche, le spectacle vaut le détour, c'est un défilé de couleurs festives et d'oiseaux rieurs. L'île est une réserve naturelle, la pêche à pied et au fusil est donc réglementée. Pour gagner leur vie, les marins éloignent leur bateau des côtes et jouissent d'une eau poissonneuse. Le soir venu, nous retrouvons cette ambiance au petit restaurant donnant sur le port. Au menu, des plats locaux, simples et équilibrés. Les hommes jouent aux cartes dans une animation proportionnelle au nombre d'apéritifs qu'ils ont bu depuis la débauche. C'est un moment de réunion agréable, où nous revenons sur les moments forts de la journée, prenant en dérision ce vent espiègle qui nous gâche les vagues. Les discussions sont joviales, des fous-rires interminables font « vibrer nos plexus solaires » et rendent douloureux nos zygomatiques. Ils nous arrivent aussi de refaire le monde sur des sujets moins légers et ainsi d'échanger nos expériences de vie, autant de moments enrichissants. En patchwork, voici mes coéquipiers. Pandora, notre « minibrard », longboardeuse de son état, est lycéenne et passe son bac blanc au retour. Forte d'une imagination florissante, elle a un bon œil pour la photo et un bon coup de crayon. Laurent, notre photographe, optimiste invétéré, est motivé pour toutes les missions, sérieuses ou futiles, tant qu'il s'agit de profiter de la nature et de s'amuser. Amandine, surfeuse de qualité, est une locomotive dans l'eau comme dans la vie. Son sourire et sa bonne humeur en font une formidable partenaire de voyage. Marianne, douce et discrète, est positive et heureuse de vivre, avec une grande simplicité pour le bonheur de tous. Sur la route du retour, emplis de calme et d'énergie après deux semaines entre parenthèses, nous sommes heureux de retrouver nos petits nids respectifs. En passant en ferry, nous apercevons une plage exposée aux fortes houles. Cette plage, comme nous l'explique Laurent, est tristement connue pour recueillir les embarcations clandestines venues d'Afrique qui se laissent rabattre par les vagues pour atteindre le rivage. J'imagine la sensation de ces hommes et ces femmes, espérant une terre d'asile profuse et qui apercevant ce paysage aride, cette roche noire et hostile. Aujourd'hui, aux informations, on apprend que de nombreux candidats à l'exil ont péri dans le naufrage de leur barque de fortune, à quelques centaines de mètres de cette plage. Quelqu'un a dit un jour « Rien ne sert d'être heureux, encore faut-il qu'il y ait des gens malheureux ». Tellement cruel et pourtant tellement réaliste. Léa Brassy Février 2009